Avis | La fille de papier

La fille de papier – Guillaume Musso

609 pages

« Trempée jusqu’aux os et totalement nue, elle est apparue sur ma terrasse au beau milieu d’une nuit d’orage.
D’où sortez-vous ?
– Je suis tombée.
– Tombée d’où ?
– Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi ! »

« Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d’inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans. Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il arrête d’écrire. Impossible ? Et pourtant ! »

Tom Boyd, écrivain à succès, plonge dans les méandres d’une dépression, le cœur brisé par son grand amour, une pianiste française de renom. Le tout est accompagné du célèbre et malheureux syndrome de la page blanche qui l’empêche d’écrire. Tom enchaine les déceptions. C’est à ce moment qu’une femme qui se revendique être un personnage tombé du livre de Tom débarque dans sa vie, déboussolée, affolée et bien décidée à le faire écrire à nouveau. En effet, sans l’écriture du prochain tome, la mystérieuse fille de papier pourrait bien être amenée à disparaitre.

J’ai trouvé ce roman qui vacille entre fiction et réalité vraiment très fort. Les émotions sont bien décrites. Le dur labeur d’écrivain est lui aussi évoqué et Guillaume Musso offre aux lecteurs une réflexion sur la relation triangulaire qui relie l’écrivain, le livre et les lecteurs. Néanmoins, j’ai trouvé dommage l’évolution trop rapide des sentiments qui lient l’auteur, Tom Boyd, et sa créature. On ne les voit pas naitre. Alors que l’auteur détestait cette fille de papier trop têtue, énergique et irréfléchie, il l’apprécie tout à coup. Petit point noir. J’avoue plutôt avoir un faible pour les romans qui s’attardent sur la psychologie des personnages et montrent une évolution progressive dans les liens qui les unissent. Tous les personnages principaux sans exception (je pense notamment à Tom, Bonnie aka la fille de papier, Carol et Milo) sont néanmoins bien travaillés et possède leur propre caractère parfois bien trempé. Je me suis attachée à tous sans exception. Aucun n’était plat et inintéressant. C’est un bon point non négligeable !

Concernant l’histoire, je l’ai beaucoup aimée. L’idée est originale et aboutie (une fille sortie de nulle part apparemment tombée d’un roman inachevé, ça ne court pas les rues..). Elle est bien développée. Il en va de même pour les nombreuses mises en abyme (je n’en dis pas plus). J’ai apprécié le rebondissement de fin, petite pirouette inattendue qui pouvait se laisser deviner mais qui m’a pourtant surprise. Cependant, j’ai parfois trouvé le roman un peu trop long. Quelques lenteurs auraient pu être évitées. Mais cela n’a entaché en rien ma lecture puisque j’ai littéralement dévoré La fille de papier.

Certains passages sont vraiment bien écrits et presque poétiques. Dès que j’ai en ma possession un roman de cet auteur je me munis d’un surligneur pour repérer certaines expressions que j’ai trouvé particulièrement romantiques ou sensibles, certains passages à la fois doux et criants de vérité. Et, comme à son habitude, les romans de Musso sont parsemés de citations d’auteurs qui sont toujours jolies et des plus agréables à lire, petites parenthèses lyriques et aériennes.

Grâce à ce roman j’ai pu découvrir la notion de bookcrossing qui m’étais jusqu’à lors totalement inconnue. Cette pratique consiste à libérer des livres dans la nature pour les faire circuler. J’adore les livres dans lesquels on peut lier l’agréable à l’utile et apprendre de nouvelles choses alors j’ai été des plus ravies grâce à cette jolie découverte.

Pour conclure, La fille de papier a vraiment été pour moi une bonne lecture, à l’image de tous les autres romans de Musso (et les surpassant même). En refermant ce roman j’ai été satisfaite. La fille de papier a su conquérir mon petit cœur.

Petite mention spéciale pour la couverture que je trouve vraiment très jolie. Merci à ma sœur chérie de m’avoir acheté cette belle édition spéciale pour Noël. Offrir des livres revient vraiment à mon sens à offrir des histoires fictives mais des bons moments réels, à offrir des moments de bonheur dans une petite bulle à soi.

E X T R A I T S

« Un peu de toi est entré en moi pour toujours et m’a contaminé comme un poison. »

« Les liens se font et se défont, c’est la vie . Un matin, l’un reste et l’autre part, sans que l’on sache toujours pourquoi . Je ne peux pas tout donner à l’autre avec cette épée de Damocles au dessus de la tête. Je ne veux pas bâtir ma vie sur les sentiments, parce que les sentiments changent. Ils sont fragiles et incertains. Tu les crois profonds et ils st soumis à une jupe qui passe, à un sourire enjôleur. Des gens qui s’aiment pour la vie… moi j’en connais pas. »

« – Tu te rends compte tout de même que tu es en train de te détruire pour quelque chose qui n’existe pas ?
– L’amour, ça n’existe pas ?
– L’amour, ça existe sûrement. Mais toi, tu adhères à cette théorie débile de l’âme soeur. Comme s’il existait une sorte d’emboitement parfait entre deux individus prédestinés à se rencontrer…
– Ah bon, c’est débile de croire qu’il existe peut-être quelqu’un capable de nous rendre heureux, quelqu’un avec qui on aurait envie de vieillir ?
– Bien sûr que non, mais toi, tu crois à autre chose : à cette idée qu’il n’y aurait sur cette Terre qu’une seule personne faite pour nous. Comme une sorte de part manquante originelle dont on aurait gardé la marque dans notre chair et dans notre âme. »

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