Avis | Changer l’eau des fleurs

Changer l’eau des fleurs – Valérie Perrin
664 pages

« Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses. »

⚰️🌷

« Après l’émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l’histoire intense d’une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l’ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d’humanité. »

Un doux roman qui parle d’amour, de famille, de deuil et de la complexité des relations humaines.

Violette est garde-cimetière. Sa vie à l’apparence austère et sobre est riche en sentiments enfouis sous quelques couches de verglas. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre un étrange commissaire dont elle se rapproche au fil des conversations. Sa vie a déjà basculé lorsqu’elle a perdu un être cher dans des circonstances qu’elle juge incertaines et floues. Une enquête en découle naturellement, enrobée de douceur et d’amertume.

Plus qu’un roman sur la mort, Changer l’eau des fleurs est un roman sur la vie et les difficultés qui l’accompagnent. Perdre un proche, faire son deuil dans l’incertitude, communiquer avec son partenaire s’avèrent être des tâches ardues mais pourtant intrinsèque à notre condition humaine.

Malgré les quelques longueurs au départ, j’ai vraiment accroché à la moitié du roman. J’ai alors découvert une intrigue réellement prenante. J’avais vraiment envie de connaître la suite et j’ai été surprise lors des dénouements, point plus que positif – j’ai en horreur les lectures plates qui se déroulent ainsi que je l’avais prévu dans ma petite tête de lectrice.

Mais l’histoire elle-même est également prenante car elle est émouvante. Douce mais forte, elle ne peut que toucher les sentiments des lecteurs qui peuvent même s’identifier au personnage de Violette, à plus forte raison s’ils sont parents. Ce joli écrit est d’une délicatesse absolue. Je te conseille d’ailleurs de prendre le temps de le déguster, à la manière d’un bon thé, pour laisser infuser les émotions et ne pas précipiter le dénouement.

Ce roman pousse à la réflexion, notamment sur la non-communication et le poids qu’engendre cette dernière. Valérie Perrin distille une morale sous-jacente ; celle de ne pas se fier aux apparences et de prendre le temps d’aller plus loin que les croyances que l’on porte sur certaines personnes. Par exemple, le personnage en apparence désagréable de Philippe Toussaint – et j’avoue l’avoir détesté de toutes mes forces – s’avère bien plus profond qu’il n’y paraît.

La plume est belle, fluide mais imprégnée de sens, de poésie et d’humanité. J’ai d’ailleurs retenu beaucoup de passages particulièrement bien écrits

E X T R A I T S

« Philippe Toussaint m’a fait vieillir. Être aimé, c’est rester jeune. »

« Je suis sortie de la réserve, Gabriel m’a sourit en souriant timidement, lui le grand avocat, lui qui avait tellement de charisme, le verbe haut, il ne savait plus parler, un tout petit enfant. Lui qui défendait les criminels et les innocents, il n’a rien pu dire pour défendre notre amour. »

« Il avait eu envie de la revoir et à force de la revoir, chaque année, il avait encore plus eu envie de la revoir. »

« Moi non plus je ne souriais plus. Moi aussi j’étais malheureuse. Il avait réussi à me contaminer d’un amour malsain. J’étais plus malade de lui qu’amoureuse. »

« Il passa six mois à jouer sur sa Nintendo, à s’abrutir devant des jeux où il devait sauver une princesse. Il la sauva des centaines de fois à défaut de n’avoir pas pu sauver la sienne, la vraie. »

« Nous avons vidé une bouteille de champagne pour nous donner du courage, pour finir par nous toucher. Nous étions terrorisés l’un par l’autre. Comme les gens qui se plaisent vraiment. »

« Chaque tombe est une poubelle. Ce sont les restes qu’on enterre ici, les âmes sont ailleurs. »

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