Avis | Trembler te va si bien

Trembler te va si bien – Risa Wataya 

144 pages

« Etô Yoshika, vingt-six ans. Nationalité japonaise, groupe sanguin B, employée à K.K. Maruei, facilement acnéique. Copain zéro, économies zéro. Loyer mensuel 75 000 yens. Ce que je déteste : les glandeurs. Ce que j’aime : le ragoût de boeuf. Ma passion du moment : chercher sur Wikipédia les espèces animales éteintes.

Yoshika a la tête dans les étoiles et deux amoureux. C’est une jeune ingénue qui cherche sa place dans l’univers et se demande parfois si elle n’est pas elle-même une espèce en voie d’extinction. Elle raconte avec une telle drôlerie ses incertitudes amoureuses que ça crépite à chaque ligne comme une étoile lointaine, ou comme un tube au néon sur le point d’imploser. »

La couverture m’inspirait bien. Elle me donnait envie. Une femme, les cheveux courts et l’air à la fois perdue et déterminée, triste et motivée. Et puis, le titre. Trembler te va si bien, poésie résonnante, mélange de douceur et d’amertume. Autant être claire dès le départ : la première de couverture m’annonçait une lecture des plus touchantes et bouleversantes mais j’ai été déçue.

J’ai lu ce livre très rapidement car en plus d’être court, il est facile à lire. Pour autant, je n’ai pas du tout accroché. Je n’ai pas réussi à ressentir de l’empathie pour le personnage principale ni même pour son entourage. Elle aurait pu être touchante de par ses réflexions (je veux bien admettre que certaines sont intéressantes et poussent vraiment à un questionnement quant à l’amour) mais je l’ai trouvé un peu niaise, mielleuse parfois. Pour être honnête, elle m’agaçait plus qu’autre chose. J’avais envie de la secouer et de lui dire d’arrêter de se regarder le nombril et de réfléchir, de réfléchir vraiment.

Je tiens tout de même à souligner une chose positive que l’on retrouve dans Trembler te va si bien. L’auteure, d’origine japonaise, nous fait partager justement la vision de son pays sur les relations qu’entretiennent les hommes et les femmes. Les femmes, justement, restent cloîtrées dans leur cuisine à s’occuper d’aimer leur mari. S’occuper d’eux, simplement et tout le temps.

Concernant l’histoire, elle est un peu trop simple à mon goût. Etô, jeune femme japonaise de vingt-six ans, a le cœur qui oscille entre deux hommes  : l’un dont elle est éperdument amoureuse depuis ses années passées au collège, et l’autre qui lui fait la cour de manière un peu gauche et maladroite. Complètement paumée dans sa vie et la tête remplie de fantasmes, elle ne sait lequel choisir. Malheureusement, il n’y a pas d’action et de rebondissement et comme écrit précédemment, même les réflexions du personnage principal sont plates, sans nuance ni relief.

Oui, l’écriture est vraiment belle. La plume est douce et légère, presque envoûtante et parfois même poétique. Mais malheureusement elle ne l’était pas assez pour m’emmener dans cet univers relaté par Risa Wataya. Je n’ai pas accroché et c’est bien dommage. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier la plume de l’auteure. Pour cette raison, je lirai certainement un ou deux autres livres écrits par ses soins.

E X T R A I T S

« Pourquoi faut-il que je perde une chose pour m’apercevoir de son importance ? D’ailleurs je ne la possédais même pas vraiment. Dans ma tête Ni était à moi, mais au moment de mourir, chacun meurt seul sans rien emporter avec lui. Tout compte fait, un être humain ne possède rien totalement. Alors de quel droit me croyais-je assurée de l’amour de Ni et pouvais-je me reposer sur l’idée qu’il me poursuivrait pour l’éternité ? »

« J’étais en pleine confusion. Tellement que je croyais que ma tête allait exploser. Ça faisait mal. Pour de vrai. Si ça n’avait pas été douloureux, je me serais entaillée les poignets. C’est étrange à dire, mais heureusement que mourir est pénible et douloureux, parce que si je n’avais pas eu peur d’avoir mal, j’aurais pu mettre un terme à ma vie pour une raison aussi stupide. »

« Quand personne ne nous vient à l’esprit, on se sent seul. La solitude réelle, celle de vivre seule sans copain, celle de n’avoir personne à voir le week-end, je l’avais supportée, parce que je n’étais pas seule dans ma tête. »

« Ou même pas, un simple petit affaissement des épaules, un léger hochement de tête suffira pour que germe en moi le sentiment d’avoir commis le crime d’avoir enchaîné le Petit Prince. Ichi est libre. Chaque seconde de chaque heure de chaque jour, il est libre. Et je ne peux pas aimer sa liberté insoumise. »

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